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L'Ancien d'Algérie

Une histoire vraie

14 Mars 2020 , Rédigé par Gérard TROSSEVIN

LES ASSASSINATS DU 23 MARS 1962

C’étaient des bidasses du contingent qui n’avaient pas demandé à être là, à Alger, dans leur camion bâché. Un petit détachement de soldats du Train. Arrêtés par un commando Alpha de l’OAS (Organisation armée secrète), ils refusèrent de livrer leurs armes. Le caporal musulman manœuvrant la culasse de son PM, les assaillants ouvrirent le feu, tuant, selon Yves Courrière, sept appelés, avant de disparaître. Ils s’appelaient Roger Oudin, Robert Nogrette, Jean Grasset, Philippe François, Daniel Doutre, Messaoud Secuh et Saïd Belmiloud, tous soldats de 2ème classe.

Cet attentat faisait suite à l’embuscade tendue par un autre commando de l’OAS à la sortie du tunnel des facultés et qui avait fait 18 tués dans une patrouille de gendarmes mobiles. Cela, en application de l’instruction 29 du général Salan, chef suprême de l’OAS qui, pour empêcher « l’abandon de l’Algérie française  », avait donné l’ordre dès février 1962, d’«  ouvrir systématiquement le feu sur les unités de gendarmerie mobile et de CRS  ». En ce qui concerne l’Armée, il leur avait accordé un délai pour rallier l’OAS. Au lendemain de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu conclu à Evian entre le gouvernement français et le GPRA, il avait déclaré que les officiers, sous-officiers et soldats qui ne l’avaient pas ralliée seraient « considérés comme des troupes étrangères d’occupation ». En fait, depuis l’échec du putsch d’avril 1961, l’OAS considérait les militaires du contingent comme des adversaires à sa cause...

Alors, oui, le 19 mars, « ce n’était pas encore la paix, comme l’a déclaré récemment François Hollande, c’était le début de la sortie de la guerre  ». Et les évènements auraient pu tourner autrement sans l’intervention de cette organisation factieuse qui a pu faire croire à la population algérienne de souche européenne qu’elle allait les sauver en refusant l’inéluctable Algérie algérienne qui allait se construire sans eux.

On peut se demander pourquoi l’Algérie n’a pas connu un destin semblable à celui de l’Afrique du Sud, un pays de structure coloniale où une minorité blanche dominait une majorité noire dont elle voulait vivre séparée et qui a fini par évoluer vers un état démocratique ou blancs et noirs ont enfin réussi à cohabiter tant bien que mal mais sans s’affronter violemment. Les Boers ne se sont pas exilés aux Pays Bas ni les anglophones en Grande Bretagne.

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