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L'Ancien d'Algérie

COMMÉMORATION DU CESSEZ LE FEU EN ALGERIE

19 Mars 2020 , Rédigé par Gérard TROSSEVIN

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Il y a cinquante huit ans jour pour jour, ceux qui se battaient en Algérie recevaient l’ordre tant attendu depuis 8 ans. Le cessez le feu ! C’était l’espoir exaucé de pouvoir enfin rentrer chez eux, de retrouver leur famille, leur fiancée et leur travail. Depuis, nous avons commémoré chaque année en hommage à nos 30.000 frères d’armes morts pour la France. Aujourd’hui, le Coronavirus, ce fléau venu d’Asie nous empêche de nous rendre aux monuments aux morts. Ce n’est pas une raison pour ne pas nous souvenir et nous recueillir, chacun à la façon que nous jugerons la plus appropriée à notre situation.

Ci-après, vous trouverez le discours que je devais prononcer aujourd’hui.

Même si vous avez déjà entendu ça, je vous demande d’être extrêmement prudents, de ne prendre aucun risque et de rester chez vous.

 

 

 

 

Monsieur le Maire,

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

 

Nous sommes réunis pour célébrer le cinquante huitième anniversaire du Cessez-le-feu en Algérie qui mettait fin à 8 années de combats meurtriers.

La guerre d’Algérie, c’était 2 millions de jeunes appelés français mobilisés pendant ces 8 années d’une guerre véritable, avec une armée de 400.000 hommes en permanence sur le territoire et des centaines de milliers de morts de part et d’autre, dont 30.000 soldats français.

Cette commémoration traduit notre devoir de mémoire et notre hommage à toutes les victimes de la guerre d’Algérie. Se souvenir de nos morts, et leur rendre un hommage digne, c'est une responsabilité qui ne s'arrêtera jamais et qui n'est pas négociable.

La guerre d’Algérie c’était aussi une guerre dont on a caché la réalité à la population de métropole, pourtant il faut remonter loin dans l’histoire pour trouver des traces d’une telle barbarie tant à l’encontre des soldats que des civils. C’était une guerre où en moyenne chaque semaine 78 jeunes soldats appelés perdaient la vie.

 

Nous sommes aujourd’hui choqués et meurtris par l’indifférence et même le mépris qui règnent autour de ce conflit en générant déviances et ignorance qui nourrissent le racisme et la haine. Aujourd’hui c’est tristes et désabusés que nous pensons à toutes les victimes.

Pourtant, rappelons-nous, fait rarissime,  le 19 mars 1962, en France, le ministre de l’Education Nationale avait fait observer une minute de silence dans toutes les écoles. Ce fut un instant de recueillement émouvant et le premier éclairage sur une page d’Histoire qui doit être appréhendée dans toute sa complexité.

La mémoire doit jouer son rôle de rassembleur, nous le devons aux morts pour la France, aux Français d’Algérie pour qui cette date signifie la fin de leur monde et le départ d’une terre qu’ils considéraient comme la leur, aux Harkis, pour lesquelles le cessez-le-feu était lourd de menaces et qui ont été lâchement abandonnés avec leurs familles, mais aussi aux jeunes d’aujourd’hui et aux générations futures.

Pour tourner la page, pour apaiser les tragédies du passé, il est indispensable de redire la vérité de l’histoire, contre ceux qui tentent de la déformer. Nous devons faire partager aux jeunes les valeurs contenues dans la devise de la République.

Vive la Paix - Vive la République - Vive la France !

 

 

Gérard TROSSEVIN

 

 

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